Fabienne Radi
“Wizz manifeste pour les HH”

WIZZ
(Manifeste pour HH)
Nos mères n’ont pas vendu toute leur vie des frites pour faire de nous des érudites, nos pères ne sont pas des inconnus avec un grain de beauté sur la joue, qu’on retrouverait sur nos reins lorsque nous sommes nues, nous sommes joyeuses mais pas ingénues, nous n’aimons pas trop ce qui est convenu, on peut dire que nous avons une âme délicate, artistes passionnées, oui, mais pas vraiment acrobates, nous avons étudié jadis à Nice, nous vivons aujourd’hui à Paris, ce n’est pas pour autant que la province nous ennuie, du plomb dans la cervelle, de la fantaisie à gogo, jouant de la truelle, de la pale e et du ciseau, nous ne sommes pas sœurs jumelles mais nous aimons mélanger nos pinceaux, nous n’avons pas de secrétaires, ni de bureau en haut d’une tour, nous ne passons pas la moitié de notre vie en l’air, entre New York et Singapour, nous ne voyageons pas en première, nous n’avons pas de résidence secondaire, nous n’aurions pas voulu être des artistes qui font leur numéro, nous n’aurions pas pu rester debout pour jouer du piano, nous n’avons pas besoin de prouver que nous existons, de chercher notre bonheur partout, de refuser ce monde égoïste, à notre façon nous résistons, nous n’avons pas de chapeau de paille ni de barbe en bataille, mais comme Cézanne lorsqu’il peint, nous laissons s’accomplir la magie de nos mains, à nos vernissages, nous apportons des bonbons, parce que les eurs c’est périssable, et puis les bonbons c’est tellement bon, nous ne promenons pas notre cul sur les remparts de Varsovie, nous ne promenons pas notre ombre sur les grand-places de l’Italie, comme des garçons nous portons des blousons, nous avons les cheveux longs et de gros ceinturons, nous n’avons jamais touché le fond de la piscine dans des petits pulls marine, nous ce que nous aimons c’est faire des bulles, des WIP, des CLIP ! CRAP ! des BANG ! des VLOP et des ZIP ! SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

WIZZ
(Manifesto for HH)
Our mothers didn’t spend their whole lives selling fries to make us scholars, our fathers aren’t strangers with a beauty mark on their cheek that we find on our kidneys when we’re naked. We’re joyful but not naive, we don’t really like what’s conventional. you could say we have delicate souls, passionate artists, yes, but not really acrobats, we once studied in Nice, we now live in Paris, but that doesn’t mean the provinces bore us, lead in our brains, fantasy galore, playing with trowels, shovels, and chisels, We are not twin sisters, but we like to mix our paintbrushes. We have no secretaries, no office at the top of a tower. We don’t spend half our lives in the air, between New York and Singapore. we don’t travel first class, we don’t have second homes, we wouldn’t have wanted to be artists who put on a show, we couldn’t stand up to play the piano, we don’t need to prove we exist, to seek happiness everywhere, to reject this selfish world, in our own way we resist, we don’t have straw hats or bushy beards, but like Cézanne when he paints, we let the magic of our hands work, at our vernissages, we bring candy, because flowers are perishable, and candy is. Because flowers are perishable, and candy is so delicious, we don’t walk around on the ramparts of Warsaw, we don’t walk our shadows on the grand squares of Italy, like boys we wear jackets, we have long hair and big belts, we’ve never touched the bottom of the pool in little navy sweaters, what we like is making bubbles, WIPs, CLIPs! CRAP! BANG! VLOP and ZIP! SHEBAM! POW! BLOP! WIZZ!